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L’explosion des idées panafricanistes depuis les années 70 a favorisé l’éclosion de milliers d’initiatives entrepreneuriales à travers le continent. Le développement par l’industrie n’est plus un concept ésotérique, il est désormais un mantra partagé, aussi bien par les intellectuels que par les ouvriers ou les cultivateurs. Si l’histoire du capitalisme américain et l’épopée chinoise nous inspirent une volonté nationale de créer, de dupliquer, de produire des innovations locales, il n’en demeure pas moins que l’environnement peine à s’adapter.
Les initiatives pullulent — agroalimentaire, textile, tech — mais trébuchent souvent face à une société de consommation enkystée par le monopole des produits importés. Harassés par l’incompréhension face à la faible adoption des produits locaux, le désespoir des entrepreneurs frise parfois le courroux.
Pourtant, malgré cette floraison de projets – dans l’agroalimentaire, le textile ou la tech – la société de consommation africaine reste profondément dépendante des produits importés.
« Le paradoxe des tropiques n’est pas l’absence de ressources, mais l’inefficacité des systèmes qui les valorisent. »
Même avec la plus ardente volonté de soutenir les produits locaux, le consommateur moyen se retrouve confronté à un arbitrage économique inévitable :
Le pouvoir d’achat est en effet le premier facteur de la consommation locale. Au Bénin, plus d’un tiers de la population vit sous le seuil national de pauvreté, selon l’INSAE (2023). Et ce n’est pas un cas isolé : en Afrique subsaharienne, près de 40 % de la population vit avec moins de 2,15 USD par jour (Banque mondiale, 2023). D’ailleurs, parmi les 45 PMA (Least Developed Countries en anglais) dénombrés en 2024 par l’ONU, le continent en compte 33, faisant du continent la zone la moins avancée du Monde.
Désavantagés dans leur processus de développement, ces États peinent à s’extirper de la pauvreté. La propension des ménages précaires au sein des populations africaines est tellement importante qu’elle asphyxie le pouvoir d’achat des ménages et leurs capacités à “contrôler” leurs habitudes de consommation. Les ménages africains arbitrent donc au quotidien entre leur idéal de consommation et leur réalité économique. Les facteurs de productions sont tellement élevés et coûteux que les produits bio sont hors de portée des bourses locales.
🎯 38,5 % des Béninois vivent sous le seuil de pauvreté. (INSAE, 2023)
🌍 40 % des Africains subsahariens vivent avec moins de 2,15 USD/jour. (Banque mondiale, 2023)